[Blabla] Ornithologie
Bon, chose promise, chose due !
Je vais commencer ma série de posts sur l'avifaune réunionnaise.
Petit mise en contexte d'abord puis le premier post avec photos suivra
J'ai donc fait un séjour d'une dizaine de jours sur cette île française localisée entre Madagascar et l'île Maurice. Trois heures de décalage horaire avec la métropole
Là bas, c'est l'été austral, ça veut dire fortes chaleurs mais aussi pluies importantes (sauf que grosse sècheresse cette année ). L'été austral est aussi la période que choisissent pas mal d'oiseaux pour se reproduire. J'ai donc pu observer pas mal de nids et d'oiseaux en plumage nuptial !
L'avifaune réunionnaise n'est pas très diversifiée, l'arrivée des premiers marins (hollandais, français, anglais et j'en passe) a malheureusement conduit à la disparition de nombreuses espèces endémiques (huppe de Bourbon, perruches...) soit directement (les oiseaux constituaient un apport de protéines facile car pas du tout effrayés par l'homme, les témoignages des marins sont édifiants !) soit indirectement (par l'introduction de chats, chiens, rats...).
Actuellement, beaucoup d'espèces présentes sur l'île sont issues d'introductions mais il reste cependant quelques espèces endémiques (notamment dans les forêts d'altitude).
Lors de mon séjour, j'ai pu observer la quasi totalité des espèces endémiques (à deux espèces près mais c'était perdu d'avance, j'y reviendrai) et une floppée d'espèces introduites (ou indigènes mais non endémiques).
Je vais diviser mon compte rendu de voyage en plusieurs posts : je commencerais par les oiseaux "des bas" (des faibles altitudes quoi) que l'on rencontre un peu partout. Suivra un post sur les oiseaux des étangs et rivages, un autre sur les oiseaux marins et enfin un dernier sur les endémiques forestiers "des hauts" !
N'hésitez pas à commenter, compléter, poser des questions
J'ai vécu sur l'île pendant plus de 10 ans avant ce séjour donc je connais plutôt bien l'avifaune locale, si vous comptez vous y rendre je peux donner des spots ou des conseils
¨La vache si j'avais su que ce topic existait je l'aurais squatté depuis longtemps !
Breton ici présent, ornithologue du dimanche ou à ses heures perdus ...
Retour de l'ile de Batz pour moi, temple des huitriers-pie
Allez, on rentre dans le vif du sujet !
Dans les "bas" de l'île (c'est ainsi que l'on désigne la frange littorale de l'île, vous l'aurez compris), très peu d'endémiques, énormément d'espèces introduites d'Afrique ou d'Asie. Les milieux sont de différents types (forêts sèches, savanes, jardins, villes, étangs...) et les espèces dont il sera question ici peuvent se retrouver un peu dans tous les milieux et sont communes et faciles à observer pour la plupart (je passe sur les moineaux domestiques et pigeons bisets, vous les connaissez déjà !).
On commence par un oiseau bien emblématique : le foudi de Madagascar, appelé Cardinal en créole. L'espèce à été introduite de Madagascar (quelle surprise !) au début du 19ème.
Le mâle en plumage nuptial est d'un rouge éclatant ! Il est très territorial et poursuit les autres oiseaux en lançant son cri aigu caractéristique. La femelle est plus discrète et ressemble à s'y méprendre à une femelle de moineau domestique.
On le trouve dans tous les milieux, parfois assez haut en altitude (il évite cependant les forêts denses), c'est un hôte typique des jardins créoles.
Après le rouge, le jaune ! Le tisserin gendarme niche en colonies (jusqu'à une soixantaine de nids sur le même arbre à la Réunion !) dans un peu tous les milieux du moment qu'il y trouve un arbre pour suspendre son nid. Introduit d'Afrique à la fin du 19ème, il est appelé Bellier en créole car il semblerait que la première colonie se soit implantée sur la propriété d'un certain Mr.Bellier
Le mâle est jaune vif et porte un masque noir, c'est lui qui construit le nid et il est fascinant de les voir s'activer tête en bas ! La femelle est plus terne. Ces oiseaux sont assez bruyants (et ils défoncent les palmiers du jardin pour construire leur nid
)
Il existe à la Réunion un autre oiseau construisant des nids de ce type (et c'est aussi le mâle qui s'y colle ). Le travailleur à bec rouge a été introduit d'Afrique assez récemment (années 2000 il me semble) et n'est bien implanté que depuis peu. C'est ma "coche Réunion" du séjour
Je l'ai observé dans les casuarinas bordant la plage de l'Ermitage, prisée des touristes et des locaux mais il existe d'autres sites. C'est un bel oiseau, encore une fois le mâle est moins coloré que la femelle. A ma connaissance, cette espèce n'a pas de nom créole officiel...
Autre petit passereau introduit d'Afrique vers 1700, l'astrild ondulé ! Il se déplace en bandes bruyantes dans les milieux herbeux (savanes, pelouses des stades, friches...). Il est appelé bec rose en créole et son bec est en effet rouge vif (sauf chez les juvéniles qui ont le bec noir). C'est un oiseau de cage prisé, il est parfois capturé (illégalement ).
Une espèce magnifique maintenant...La veuve dominicaine. Egalement introduite d'Afrique mais dans les années 1990. Pas de nom créole pour elle...Elle fréquente les mêmes milieux que l'espèce précédente...et pour cause : elle parasite les nids des astrilds à la manière de nos coucous
Le mâle est impossible à confondre avec ses longues rectrices et son plumage noir et blanc. Je n'ai pas observé la femelle cette année, mais elle est beaucoup moins originale en terme de look !
Voilà pour ce premier post les kheys, j'espère que ça vous a plu ! J'en referai un pour continuer sur les oiseaux communs des bas plus tard dans la journée, je ne veux pas surcharger non plus
Le 05 janvier 2022 à 09:46:48 :
¨La vache si j'avais su que ce topic existait je l'aurais squatté depuis longtemps !Breton ici présent, ornithologue du dimanche ou à ses heures perdus ...
Retour de l'ile de Batz pour moi, temple des huitriers-pie
Bienvenue khey !
Ah, la Bretagne, paradis des ornithos !
Jamais fait l'île de Batz en 4 ans de Bretagne...Il y a quelques passereaux qui trainent sur l'île ?
Passionnant ton post sur l'avifaune réunionnaise, c'est vraiment dépaysant.
Fait gaffe, petite coquille, t'as dis pour le second tisserin que la femelle était plus colorée que le mâle !
Le 05 janvier 2022 à 11:47:30 :
Passionnant ton post sur l'avifaune réunionnaise, c'est vraiment dépaysant.Fait gaffe, petite coquille, t'as dis pour le second tisserin que la femelle était plus colorée que le mâle !
Merci
Ah oui mince !
Bon, je continue sur ma lancée
Je vous ai dit que le pigeon biset était présent et que je ne m'étendrai pas sur le sujet...Mais d'autres columbidés sont présents sur l'île ! Deux espèces de pigeons endémiques ont été décimées malheureusement...
La géopélie zébrée est très commune à la Réunion. Cette petite tourterelle fréquente même le centre des grandes villes. On observe souvent les mâles parader devant la femelle en faisant des courbettes et en roucoulant. Introduite d'Asie du Sud Est ou d'Australie vers 1800, les créoles l'appellent tourterelle pëi.
La tourterelle peinte, bien plus imposante est commune mais nettement moins que la géopélie. C'est une espèce indigène à la Réunion. Les créoles la nomment ramier ou tourterelle malgache. Elle s'observe généralement au sol où elle cherche des graines ou des miettes.
Sa teinte brune aux reflets vineux lui confère un bon camouflage. C'est un oiseau assez farouche.
Plusieurs espèces de cailles et francolins ont été introduites à la Réunion pour la chasse. Ces espèces sont souvent discrètes et je n'ai pu observer que la plus commune lors de mon séjour : le turnix de Madagascar.
Cet oiseau s'observe souvent en couple dans la savane ou les champs de canne à sucre. Fait intéressant, chez cette espèce le dimorphisme sexuel est inversé, la femelle est beaucoup plus colorée que le mâle (ce n'est pas une coquille cette fois ) avec sa gorge noire et sa tâche orangée...Elle est surnommée caille pëi par les créoles.
Un oiseau omniprésent sur l'île...Le martin triste. Cet oiseau de la famille des étourneaux émet une grande variété de cris. Il est réputé bon imitateur et, comme certains perroquets, peut imiter la voix humaine (pour cela, les locaux, qui l'appellent simplement martin, lui coupent la langue , c'est censé améliorer les performances vocales de l'oiseau...).
Il est grégaire et a été introduit depuis l'Asie vers 1760 pour lutter contre les invasions de criquets dans les plantations.
On le reconnait aisément en vol à ses grandes tâches alaires blanches.
Encore un oiseau hyper commun et très joli bien qu'il occasionne des dégâts dans les vergers. Le bulbul orphée ou merle de Maurice en créole, s'observe un peu partout, souvent par 2 ou 3. Son cri roulé trahit souvent sa présence.
Il n'a été introduit (de manière illégale ) qu'en 1972 à la Réunion mais l'espèce est très adaptable et présente dans tous les milieux. J'ai eu l'impression qu'il y en avait plus que dans les années 2000...Il est originaire d'Asie.
Pour la dernière espèce de ce post, je vous propose un endémique ! Enfin !
Le Zosterops des Mascareignes (enfin Zosterops borbonicus car il était autrefois considéré comme conspécifique avec l'espèce proche endémique de Maurice) est un minuscule oiseau. Très agité, il se déplace souvent en groupe, son comportement rappelle celui de nos mésanges à longue queue et roitelets. Bien que forestier à l'origine, il s'est adapté à tous les milieux, on le voit souvent dans les jardins (ils aiment quand on arrose ou qu'il pleut pour venir boire les gouttelettes sur les feuilles ).
Frugivore, il consomme aussi régulièrement des insectes et le nectar des fleurs. Son nom créole est zoizo blanc (mais seul son croupion est blanc en réalité) ou bec fin.
Plusieurs morphes de couleurs (plus ou moins gris ou bruns) se rencontrent sur l'île. Avec l'espèce mauricienne, c'est le seul Zosterops à ne pas avoir de "lunettes" blanches autour des yeux.
Il existe d'autres espèces dans les bas de l'île mais je ne les ai pas observées car elles sont très rares (en reste t'il encore ?) : les serins du Cap et du Mozambique, le bengali rouge ou le capucin damier (plus commun celui là mais étonnamment je n'en ai pas vu...).
Prochain post sur les oiseaux des étangs et rivages demain
Vraiment intéressant ces comptes rendus. Je ne connais pas du tout la faune réunionnaise donc c'est cool d'apprendre tout ça et je tâcherai de me rappeler que tu connais bien l'île si jamais j'y vais un jour.
Par contre pour faire mon casse-couilles de service, les turnix sont des charadriiformes donc techniquement tu n'as pas (encore) vu de phasianidés.
Le 05 janvier 2022 à 17:00:36 :
Vraiment intéressant ces comptes rendus. Je ne connais pas du tout la faune réunionnaise donc c'est cool d'apprendre tout ça et je tâcherai de me rappeler que tu connais bien l'île si jamais j'y vais un jour.Par contre pour faire mon casse-couilles de service, les turnix sont des charadriiformes donc techniquement tu n'as pas (encore) vu de phasianidés.
Turnicidés non ? Mais Charadriiformes alors que les Phasianidés sont des Galliformes
Bref t'as raison quoi je ne savais pas trop comment regrouper ces piafs qui ont un peu les mêmes moeurs.
Pas vus pendant le séjour mais je les ai tous vus il y a longtemps... Bon il me manque le coq bankiva mais celui là... Galère à la Réunion
Allez, comme prévu, un petit post sur les oiseaux des étangs et rivages de la Réunion !
Pas d'endémiques dans ce post...mais uniquement des espèces indigènes, ça change de tous les introduits que je vous ai présenté hier
Il y a très peu d'oiseaux aquatiques à la Réunion...Encore une fois, des espèces endémiques étaient présentes à l'origine puis ont été massacrées par les premiers habitants de l'île (foulque de Newton, ouette de Kervazo...).
Les oiseaux que je vais présenter ici peuvent se rencontrer sur les trois grands étangs littoraux de l'île (Saint Paul, le Gol, Bois Rouge), dans les ravines en eau et sur les plages.
L'oiseau aquatique le plus commun à la Réunion est sans doute la gallinule poule d'eau, vous la connaissez bien. Elle est représentée ici par la sous espèce pyrrhorrhoa, endémique des îles de l'Océan Indien occidental. J'en ai observé un peu partout pendant mon séjour (Etang de St Paul, ravines de St Gilles et de l'Ermitage, Trois Mares à Cilaos...). Elle est tout simplement appelée poule d'eau par les locaux. Bref, pas grand chose à en dire...
Vient ensuite le héron strié. On le rencontre dans les mêmes milieux que la poule d'eau et il fréquente parfois le bord des plages. C'est un petit héron, de la taille du crabier de chez nous je dirais. Le mâle en plumage nuptial a les pattes oranges vif. Il construit son nid dans les arbres, bien caché dans la végétation dense au bord de l'eau. En créole, on l'appelle butor. Il est, comme la plupart des hérons et aigrettes, généralement silencieux mais lance parfois un cri rauque à l'envol.
Et c'est tout pour les oiseaux aquatiques résidents permanents à la Réunion !
Mais il y a tout de même quelques migrateurs qui visitent l'île de manière plus ou moins régulière. Il s'agit de limicoles. Ils sont généralement présents en faible nombre (pas de grandes vasières à la Réunion...) et la plupart des espèces visitant l'île de manière régulière sont aussi présentes en France. Les plus communes sont le courlis corlieu, le bécasseau cocorli, le chevalier guignette, le tournepierre à collier, le sanderling...Une espèce régulière en petit nombre représente toutefois un intérêt particulier pour l'ornitho métropolitain : le gravelot de Leschenault.
J'ai eu l'occasion d'observer deux individus sous le crachin à l'embouchure de la bien nommée rivière des pluies. Ce jour là étaient également présents un guignette et une 10aine de corlieux (se nourrissant dans les pelouses de l'aéroport tout proche) ainsi que le héron présenté plus haut.
Le gravelot de Leschenault niche en Turquie et en Asie centrale, c'est un visiteur très occasionnel en Europe de l'Ouest.
A la Réunion soyez vigilants quand vous observez cette espèce : en plumage internuptial, il est très semblable au gravelot mongol qui pourrait bien débarquer un jour où l'autre...
Il y a parfois des limis bien rares et sympathiques qui sont découverts sur l'île (parfois à la suite d'un cyclone) en vrac : chevalier bargette (que j'ai coché là bas il y a longtemps !), glaréole malgache, le superbe drome ardéole (vu au Seychelles pour ma part ), bécasseau tacheté...
Le meilleur spot pour rechercher ces raretés est sans doute l'étang du Gol à Saint Louis : vasières, plage et embouchure, station d'épuration, prairies humides...toutes les conditions sont réunies ! On peut combiner une visite au Gol avec un passage à l'embouchure de la rivière Saint Etienne proche.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Demain, les oiseaux marins ! Il y aura de l'endémique, promis
Avant dernier post de ma série réunionnaise ! Aujourd'hui les oiseaux marins
Bon, avant tout je vais présenter l'un des oiseaux les plus emblématiques de l'île : le phaéton à brins blancs !
Ce superbe oiseau (je ne vous infligerai pas mes photos en vol dégueulasses ) se nourrit en mer de poissons et calamars et niche dans les lieux inaccessibles (falaises, remparts...). On l'observe souvent en vol, prospectant les falaises à la recherche d'un site de nidification. Aux Seychelles, je l'ai vu nicher à même le sol, au pied d'arbres !
Il est visible toute l'année et un peu partout sur l'île (sauf vraiment dans l'intérieur des terres). Il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce, mâles et femelles portent les longues rectrices blanches qui lui valent son nom créole de paille en queue
Le phaéton à brins rouges est occasionnel sur l'île.
Autre espèce nicheuse sur l'île, le noddi brun. Il niche en colonies (je crois que la seule colonie à la Réunion est celle du rocher de la Petite île...). Cette année, je l'ai observé sur la "bouée plate" qui se trouve dans la baie de Saint Paul, face au cimetière marin. Ils sont presque toujours là à se reposer. Il y avait aussi une sterne que je n'ai pas pu déterminer (à droite sur la photo), vous pouvez vous amuser à proposer une identification Je miserai sur une pierregarin/Dougall perso.
Le noddi brun est nommé macoua en créole, il est bien connu des pêcheurs car la présence de noddis indique souvent la présence de poissons !
Quatre espèces de pétrels et puffins nichent à la Réunion dont 3 endémiques (2 espèces et une sous espèce).
Lors de mon séjour j'ai pu observer deux de ces espèces.
Le pétrel de Barau, endémique, niche dans des terriers sur les contreforts du Grand Bénare et du Piton des neiges. Pendant l'été austral, il pêche en mer la journée et regagne les hauteurs au crépuscule ou la nuit pour nourrir ses poussins. On l'observe facilement à cette période peu avant le coucher du soleil. Ils passent parfois très près de la côté et j'ai réalisé de superbes obs face à l'embouchure de la rivière des galets lors de ce séjour (les oiseaux passaient parfois à 3m du rivage voire directement au dessus de ma tête !). Malheureusement les photos ne rendent pas justice à la beauté de cet oiseau, clairement mon préféré à la Réunion
On l'appelle taillevent localement.
Malheureusement, l'espèce est gravement menacée (comme tous les puffins et pétrels de l'île). D'une part par la prédation qu'exerce les rats et les chats errants sur les poussins au nid et d'autre part par la pollution lumineuse.
En effet, les oiseaux, lorsqu'ils regagnent les sommets de nuit, sont désorientés par les éclairages publics et s'échouent au sol. La chute est parfois mortelle ou peut occasionner des blessures et les oiseaux se retrouvent à la merci des chiens, chats et même des humains ( )
Heureusement, depuis des années, la SEOR (Société d'Etudes Ornithologiques de la Réunion) organise le ramassage des oiseaux échoués. Ils sont ensuite mesurés, pesés, bagués puis acheminés vers un centre de soin et relâchés (j'ai eu l'occasion d'en récupérer et d'en relâcher un certain nombre lorsque je vivais sur l'île ). C'est assez impressionnant de les voir tomber du ciel comme des pierres d'ailleurs...En 2011 (je n'ai pas de chiffres récents...) 2093 oiseaux ont ainsi été récupérés dont 25% de pétrels de Barau et 54% de puffin de Baillon !
Lien vers le site de la SEOR (ils prennent régulièrement des stagiaires les kheys, je dis ça comme ça )
Le second pétrel endémique de l'île est l'une des deux espèces que je n'ai pas observée cette année, le pétrel de Bourbon. C'est quasi mission impossible en fait, en plus de 12 ans à la Réunion, je ne l'ai vu qu'au moment où ils étaient relâchés suite à un échouage...
C'est l'un des oiseaux marins les plus rares du mondes. La population mondiale est estimée à 250 couples (estimation optimiste, certains disent une cinquantaine de couples). Les sites de nidifications sont mal connus, les écoutes nocturnes ont permis d'identifier la région de Grand Bassin (où il est appelé timize et est l'objet de superstitions locales) comme zone de nidification. En 2016, un nid a été découvert dans le secteur de Saint Joseph (première obs d'un nid depuis 130 ans !).
Troisième espèce (ou sous espèce selon les sources) endémique : le puffin de Baillon. C'est celui dont les effectifs sont les plus importants mais je n'en ai vu qu'une fois et de loin lors de mon séjour (je n'ai fait que 2 vraies sessions de seawatch). Il est appelé petit fouquet en créole et est très facile à voir en mer lors de sorties en bateau.
Enfin, dernière espèce de la famille présente à la Réunion, le puffin du Pacifique ou fouquet gris en créole. Il niche sur le rocher de la Petite Ile et les falaises environnantes. Je n'ai pas eu l'occasion de faire de seawatch dans le coin donc pas vu mais normalement ce n'est pas trop compliqué...Il n'est pas endémique.
D'autres espèces peuvent être observées occasionnellement en seawatch ou lors de sorties en mer (ce sera aussi l'occasion de chercher la baleine à bosse si c'est la saison !) : sterne fuligineuse, frégates, albatros à cape blanche, fou du cap, labbe antarctique (assez régulier celui là)...Les cyclones ramènent parfois ce genre de surprises !
Demain, dernier post sur les endémiques forestiers !

Allez, le post que vous attendiez tous avec impatience
Les endémiques forestiers de la Réunion sont au nombre de 7 (si on inclut le Zosterops que je vous ai présenté plus tôt qui finalement en fait partie). J'ai pu en observer 6 lors de mon séjour.
Ces oiseaux se rencontrent essentiellement dans les forêts de moyenne à haute altitude riches en plantes et arbres endémiques ou indigènes. Ils sont relativement faciles à voir pour la plupart.
Je commence par l'espèce que je n'ai pas observée cette fois ci et qui est aussi la plus difficile à voir : l'échenilleur de la Réunion.
L'espèce est en danger critique d'extinction : seulement 38 couples recensés en 2018, tous dans un secteur de 19km² de forêt dans le massif de la Roche Ecrite.
En allant dans ce coin là pendant l'été austral, il y a de bonnes chances de l'observer ou au moins d'entendre son chant (qui lui a valu son nom créole de Tuit-Tuit). Une visite dans la forêt de la Roche Ecrite peu permettre d'observer tous les endémiques forestiers, c'est donc un passage obligé si c'est votre premier voyage ornitho à la Réunion. Malheureusement, je n'ai pas eu le temps d'y aller cette année.
Maintenant, les piafs que j'ai vus cette année !
Je commence par mon préféré, le tchitrec des Mascareignes, appelé zoizo la vierge ou chakouat en créole. C'est clairement l'un des plus beaux oiseaux de l'île. Il se comporte un peu comme un gobemouche de chez nous. Il est très peu farouche et s'approche volontiers des promeneurs qui délogent des insectes en marchant. Le mâle, non photographié car trop mobile à chaque fois, a une superbe calotte bleu foncé.
Il se reproduit pendant l'été austral et j'ai découvert trois nids lors de mon séjour (d'ailleurs, la femelle photographiée ici vient de ramasser de la mousse pour terminer la construction du sien).
Cette espèces est endémique de la Réunion et de Maurice.
Autre oiseau peu farouche présent en forêt (en général dans les secteurs un peu plus ouverts, souvent en bordure de sentier), le Tarier de la Réunion.
Il y a comme chez nos tariers un dimorphisme important entre le mâle et la femelle. Chez cette espèce, les individus, notamment les mâles sont assez variables (le sourcil blanc n'est pas toujours présent, le orange de la poitrine plus ou moins étendu...).
Son nom créole de tec-tec est une onomatopée de son cri sec.
Je vous avais déjà présenté un Zosterops endémique...il en existe un deuxième : le Zosterops de la Réunion.
Comme l'indique son nom créole de zoizo vert, il présente un plumage verdâtre. Comme la plupart des Zosterops, il porte un net cercle oculaire blanc. Il est plus volontiers nectarivore que l'autre espèce présente sur l'île et affection tout particulièrement les fleurs d'Hypericum lanceolatum, une plante souvent utilisée en tisane par les locaux (propriétés anti-inflammatoires).
Photo bien pourrave, ça bouge énormément...
Avant dernière espèce, le bulbul de Bourbon. Sa ressemblance superficielle avec le merle noir lui a valu le nom créole de merle péi.
Pas particulièrement farouche mais il se tient souvent haut dans les arbres d'où il lance son chant mélodieux (et parfois des miaulements hyper bizarres). Il a longtemps été capturé pour être mis en cage à cause de son chant (ça doit encore arriver d'ailleurs).
(désolé pour la photo...mon appareil et les piafs en vol ça craint
)
Je termine par le seul rapace nicheur de l'île, le busard de Maillard. Il était uniquement forestier avant la colonisation de l'île mais a su s'adapter tant bien que mal à la disparition d'une partie des forêts : on le voit parfois chasser au dessus des champs de canne à sucre ou près des étangs.
Il n'est pas très difficile à observer dans les hauts de l'île mais est tout de même en danger. Il y aurait (selon une étude datant d'il y a déjà 10 ans) 430 individus sur l'île pour environ 150 couples...
Le mâle est noir et blanc, la femelle est brune (comme les immatures).
Son nom créole est papangue et il a mauvaise presse auprès des locaux car il mange les poules (). Raison pour laquelle il est parfois tiré ou empoisonné (il y a aussi des empoisonnements indirects par la consommation de rats ayant ingéré un raticide).
Le faucon concolore et le faucon d'Eléonore visitent l'île de manière plus ou moins régulière mais on ne peut guère les confondre avec le busard.
Voilà !
Bon, je ferai un post bonus demain car il me reste deux espèces que je ne savais pas ou caser : elles sont visibles un peu partout mais sont endémiques (du moins de la région).
Deux infos pour mes kheys ornithos :
Bientôt (ce week-end dans la plupart des cas) auront lieu les comptages wetlands (recensement international des oiseaux d'eau). Renseignez vous auprès de vos assos locales pour savoir si ils organisent des sorties à cette occasion !
Ensuite, je vous recommande chaudement le documentaire "La panthère des neiges" de Marie Amiguet et Vincent Munier (avec Sylvain Tesson aussi). Il y a quelques piafs sympathiques dedans et les images sont vraiment magnifiques
Le 12 janvier 2022 à 15:45:39 :
Deux infos pour mes kheys ornithos :Bientôt (ce week-end dans la plupart des cas) auront lieu les comptages wetlands (recensement international des oiseaux d'eau). Renseignez vous auprès de vos assos locales pour savoir si ils organisent des sorties à cette occasion !
Ensuite, je vous recommande chaudement le documentaire "La panthère des neiges" de Marie Amiguet et Vincent Munier (avec Sylvain Tesson aussi). Il y a quelques piafs sympathiques dedans et les images sont vraiment magnifiques
Cimer pour les infos khey !
Le 12 janvier 2022 à 15:45:39 :
Deux infos pour mes kheys ornithos :Bientôt (ce week-end dans la plupart des cas) auront lieu les comptages wetlands (recensement international des oiseaux d'eau). Renseignez vous auprès de vos assos locales pour savoir si ils organisent des sorties à cette occasion !
Ensuite, je vous recommande chaudement le documentaire "La panthère des neiges" de Marie Amiguet et Vincent Munier (avec Sylvain Tesson aussi). Il y a quelques piafs sympathiques dedans et les images sont vraiment magnifiques
Oui je comptais le voir. Tu l'as vu en salle ou sur internet ?

Données du topic
- Auteur
- El_Topo
- Date de création
- 18 août 2020 à 13:32:05
- Nb. messages archivés
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- Nb. messages JVC
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